23 avril 2009
Les Histoires Vécues

J'ai vu, j'ai perdu,
Les amours déchues,
Les baisers volés,
Que j'ai oubliés.
D'émois en bévues,
D'espoir à déçu,
J'ai tout enrôlé,
Pourtant j'ai aimé.
Arrivant le soir,
Le coeur quelque part,
J'ai revu ma vie,
J'ai dormi, j'ai ri.
Une nuit, un phare,
J'ai compris l'histoire,
L'histoire finie :
J'ai aimé, j'ai fui.
SHAD ©
04 janvier 2009
Inceste Animal
Guenon, ma guenon,
Je t'aime comme ma fille.
Demain nous ferons
Toi guenon moi gorille.
Tes yeux pleins d'innocence
S'ouvriront bien grands
Pour développer tes sens
A chaque mouvement.
Guenon, ma guenon,
Dans ton anatomie humaine
Je serai l'homme-canon
Et toi la femme-hymen.
Je frôlerai de ma main
Les composants de ton pelage
Pour ouvrir le chemin
A mes instruments volages.
Guenon, ma guenon,
Sans gémissement en somme
Tu verras qu'il est bon
D'être proche de l'Homme.
Toi qui n'as connu
Ces plaisirs naturels
Demain me verras nu
Moi singe et toi pucelle.
Guenon, ma guenon,
Tes mains d'enfant agile
Un instant glisseront
Vers ta proie si fragile.
Toi qui pourrais brusquement
Me briser le squelette
Reste sage et moi prudent
Que notre joie soit complète.
SHAD ©
26 décembre 2008
Je Pense à Tout
Ce matin en quittant la maison,
J'ai pensé à toi.
Lorsque j'ai déchiré mon blouson,
J'ai pensé à toi.
Au volant de la vieille voiture,
J'ai pensé à toi.
Et au moment d'ôter ma ceinture,
Encore une fois.
Dans les couloirs de chez Citroën,
J'ai pensé à toi.
Pendant tout mon travail à la chaîne,
J'ai pensé à toi.
A la pause de midi à table,
J'ai pensé à toi.
Face à une veuve inconsolable,
Toujours rien qu'à toi.
Quand le directeur était furieux,
J'ai pensé à toi.
Quand juste après il m'a dit adieu,
J'ai pensé à toi.
L'après-midi devant la télé,
J'ai pensé à toi.
Au moment où Charlot a parlé,
De nouveau à toi.
Au supermarché rayon légumes,
J'ai pensé à toi.
En longeant cette usine qui fume,
J'ai pensé à toi.
Devant mon écran d'ordinateur,
J'ai pensé à toi.
Puis en rentrant de chez le coiffeur,
Ça n'arrêtait pas.
Nous nous sommes retrouvés le soir.
Nous nous sommes plongés dans le noir.
Nous avons jonché le matelas.
Nos lèvres se sont collées. Et là...
J'ai pensé à la maison,
A ce trou dans mon blouson,
J'ai pensé à la voiture,
Qu'il faut mettre sa ceinture,
J'ai pensé à Citroën,
A ce travail à la chaîne,
Où mon chef était furieux,
Après j'ai pensé à Dieu,
Puis j'ai pensé à la table,
A la veuve inconsolable,
J'ai pensé à la télé,
J'ai revu Charlot parler,
J'ai pensé à ces légumes,
A cette usine qui fume,
A l'écran d'ordinateur,
J'ai pensé à mon coiffeur,...
SHAD ©
(illustration : ©Cosmo_boy)
05 décembre 2008
Déréliction

Cette nuit
Nous étions épris,
Nous nous serrions dans les bras.
Quand je suis
Sorti de mon lit,
Là ton image sombra.
Dans ma vie
J'ai beaucoup aimé,
Croyant à ma plénitude.
A minuit
La mort m'a frappé,
Là j'ai vu ma solitude.
SHAD ©
29 octobre 2008
Divine
Ta jolie crinière est dorée,
C'est assuré.
Ton corps est clair comme un diamant,
Evidemment.
Tes lèvres vermeilles sont pures,
Ca j'en suis sûr.
Ton cœur bientôt soudé au miens,
C'est moins certain.
Tu es bénie dans mes entrailles,
Et me tirailles.
Moi j'espère un jour t'approcher,
Pour démontrer
Que l'amour n'a pas de paroi,
Enfin je crois...
Mais prie pour moi car je m'incline.
Tu es divine.
C'est dans ce texte assez charmant,
Bien qu'humiliant,
Que je dévoile mon amour,
Parfois trop lourd,
Pour une authentique déesse
Enchanteresse,
Que je n'ai encore pu suivre
Que dans des livres.
Es-tu un ange ou un nuage ?
Rien qu'une image ?
Amoureux d'une âme insensible,
Inaccessible,
Je veux t'aimer et te chérir,
Te voir sourire,
Puis t'emmener à l'opéra,
Et cetera.
Allons brûler au paradis,
Moi en bandit,
Toi en rivale de Vénus,
De l'angélus.
Retrouvons-nous, beauté divine,
Ma séraphine,
Et enlaçons-nous dans l'éther
De l'univers.
SHAD ©
01 septembre 2008
Tridimensionnelles
L'amour conventionnel
Sous son angle charnel
Suscite ton désarroi.
Sans cesse tu martèles
Ta devise actuelle,
Tes "jamais deux sans trois".
Les délits de ta langue,
Qui se délie exsangue,
Liquéfient quelques cierges
Dont la cire en nous tangue
Aux rythmes des big bang
De ton corps presque vierge.
Assis sur un trident,
Fais le recensement
De ceux qui partagèrent
Pour la nuit, pour dix ans,
Avec toi leur amant
Et mieux qu'un, deux revers.
Traditions sexuelles
(L'amour comme un duel) :
Sont ton cheval de Troie.
Sur ton corps s'amoncellent
Les traces éternels
De tes amours à trois.
SHAD ©
26 août 2008
Impact

Plus j'aime,
Et plus j'ai peur de la mort.
Mais plus j'aime,
Et plus je suis heureux.
Plus j'ai peur de la mort,
Et plus je suis triste.
Plus je suis heureux,
Plus je suis triste.
SHAD ©
25 août 2008
Coeur de Galice

Désirs des âmes,
Loisir d'oser des horizons...
Nos mélodrames
Sont mélodies de mirmillons.
Toi mon amour
Qui tôt ou tard teindras l'éther
Du ciel de jour
Auquel je suspendais ma Terre.
Nous, nous vouons
Nos "j'avoue" à nos émotions.
Nous, nous aimons !
Tes mots défont mes commotions...
Toi l'ibérique,
L'aseptique et chic animal,
Tu me fabriques
Une fuite aux fleurs de mon mal.
Coeur de Galice
Qui, câlinant mon corps-coquille,
Flagrant délice
Mes dodelinements qui vrillent.
Quand lui s'enlace,
Ses sons tintent sans s'arrêter
Dans ma carcasse
Qui décèle ainsi sa beauté.
SHAD ©
18 août 2008
Des histoires de...

Des histoires d'amour
Des histoires de sexe
Des corps à contre-jour
Décor lesté de complexes
On a la sensation
Que ces coups de tonnerre
Que cette confusion
Sont les derniers pensionnaires
D'une histoire d'amour
D'une histoire de sexe
D'un coeur comme un tambour
Dont les sons rendent perplexes
Quelques inspirations
Subliment les accords
Et quelques sanglots longs
Blessent toujours et encore
Les histoires d'amour
Les histoires de sexe
Celles qui voient le jour
Dans d'inflexibles réflexes
On compte alors chacun
Des impacts électriques
Dont il ne reste qu'un
Souvenir mathématique
On dira un beau jour
N'avoir pas survécu
Aux histoires d'amour
Mais aux histoires de...
SHAD ©
01 août 2007
Le Glékiz
Un radieux soir d'avril, j'ai croisé un glékiz
Errant sur le parvis de l'Opéra Glékiz
Nous étions très enjoués et il m'a invité
A un bref dîner et une longue soirée
Il m'a ensorcelé, m'a offert un glékiz
Moi j'ai rétorqué que j'n'étais pas un glékiz
La Lune était bien pleine et le temps déréglé
Sur son lit : une ombre commune à deux cinglés
Lorsqu'il m'a ordonné de montrer mon glékiz
J'ai feint de fuir avec mes clics et mes glékiz
Mais il ne savait pas que j'étais de ces gars
Qui pensent tout haut ce qu'ils désirent en bas
Voilà comment la nuit a tourné au glékiz
Sa tête au-dessus, le reste sur mes glékiz
Les années ont passé et le tableau demeure
Incrustant dans ma bio le sens du mot Bonheur
Je sais avec qui je veux faire ma glékiz
Qui donc aurait cru que ce serait si glékiz
SHAD ©





