30 octobre 2009
Androgina

On dit de la Gina
Qu'elle est originale :
Gina prima donna
Ou Gina l'amiral.
Gina cette androgyne,
Plus virile que moi,
Revêtant des blue-jeans
Et des robes en soie.
Gina la misogyne
Ou rouquine Gina
Est pourtant plus coquine
Que Lollobrigida.
Gina la marginale
A bien peu de poitrine,
Mais trouve ça normal...
Gina, quelle androgyne !
Gina la lolita,
Plus ou moins féminine,
Parfois marijuana,
Mais toujours androgyne.
Gina est un garçon,
Chapeau et gomina.
Un jour elle est maçon,
Un autre Androgina.
SHAD ©
25 octobre 2009
Mina et Dariev
Elle avait vu Dariev pour la première fois
Sur le trajet vers Kiev en juin quatre-vingt trois.
Le bus était bondé et ça sentait le cuivre,
Mina l'a abordé tout près du chauffeur ivre.
Ils se tenaient debout parmi les voyageurs
En conversant de tout, d'Andropov à Thatcher,
Un peu de météo : du vent frais ce soir-là,
"Des sorties à vélo ? Ensemble pourquoi pas..."
Dariev aimait Mina (et réciproquement)
Lorsqu'il lui présenta son vieil appartement,
C'était à Kopatchi, à côté de Pripiat,
Qu'ils vivraient avachis dans ce foyer spartiate.
Dariev travaillait dur non loin de la demeure,
Réglant les factures pour une vie meilleure.
Mina donnait naissance en mars quatre-vingt six,
A bord d'une ambulance à leur petit Boris.
Un matin on disait dans leur gros transistor,
Qu'une usine brûlait un peu plus vers le Nord.
S'emparant de la ville, un nuage bleu pâle,
Surplombait Tchernobyl et sa grande centrale.
On vint chercher chez lui Dariev le courageux
Pour aider jour et nuit à déblayer les lieux,
On y respirait l'air pour emplir de chaleur,
Les poumons nucléaires des "liquidateurs".
Quand Mina a appris la cruelle nouvelle
(Dariev avait péri un lundi sous la grêle)
Elle l'enterra en ville et fuit avec Boris,
Puis quitta Tchernobyl en mai quatre-vingt six.
SHAD ©

