24 janvier 2009
Veillée Contemporaine

Les ampoules des réverbères reflétaient
Leur lumière à la surface des trottoirs
Que l'humidité de cette nuit détrempait
Et changeaient les caniveaux en de longs miroirs.
A l'entrée du tunnel qui s'élevait ici,
Gisaient les ombres d'un écriteau bleu satin.
Sur la blanche faïence on distinguait ainsi
L'emblème et le doux nom du Métropolitain.
On pouvait entrevoir au-delà d'une grille
En fer forgé ou en acier trempé, qu'importe,
Des tickets multicolores comme des billes,
Voletant dans le vent comme des feuilles mortes.
Au bord de la chaussée limitée à cinquante,
Un clochard s'était mis à l'abri du froid,
Ronflant sous un tissu qui lui servait de tente
Et avec lui son chien qui crevait dans ses bras.
La concierge d'un bâtiment avoisinant
Avait sorti plusieurs poubelles métalliques
Desquelles s'exhalaient des parfums répugnants
Et d'où s'envolaient des nuées de sacs plastiques.
Lever de soleil sur le toit des grands immeubles ;
Paris s'éveille et la station de métro rouvre.
Sur le trottoir : deux cadavres et des vieux meubles,
De l'asphalte abîmé que l'eau souillée recouvre.
SHAD ©
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