SHAD : Les Clepsydres

C'est l'histoire inédite de l'humanité... A peine la page écrite, qu'il faut la tourner.

23 septembre 2008

Lueur de Vie - Partie II : Optimiser

Shad3_copie

Rien n'est meilleur, tout est moins pire.
J'ai dans le coeur tout un empire
Dans lequel rien n'est accessible,
Ne finit bien, ni n'est risible.

Débris d'un verre à moitié vide,
Fruit du calvaire et du suicide,
Jeu pessimiste du vivant,
De l'alarmiste face au temps.

Tournez horloges qui inquiètent,
Faisant l'éloge de ces miettes
Que sont nos ombres obsédées
Par nos pénombres destinées.

La paix sinistre arrivera
Des pessimistes opéras,
Où l'on nous narre à travers chants
Que les espoirs s'en vont au vent.

Pourtant la joie de Beethoven
A plus de poids, bien que moins jeune,
Que la tristesse de mes vers,
Que la détresse souillant l'air.

Quand Barjavel me ressuscite
En rituel, je vous le cite :
Un déplaisir vécu d'avance
Est à subir à redondance.

SHAD ©

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17 septembre 2008

Ecce Deus !

God

Dieu est un grand alcoolique,
Nos secondes sont ses "hic",
Il fréquente les bistrots
(on dit qu'il boit un peu trop)
Et parfois dans son ivresse,
Il arrive qu'il renverse
Son verre d'eau (comme il dit)
Provoquant un tsunami.

Dieu, des mortels il ricane,
Il est fumeur de havanes
Et se rit comme une hyène
De la ruine amazonienne.
Nos arbres sont les cigares
Qu'il consomme par hectare :
Feux de bois dont il se glousse
Et se défend : "ça repousse !"

Dieu fait que le ciel est bleu,
Les jours où il est heureux.
Lorsque la nuit est très noire,
C'est que Dieu dort comme un loir.
Si l'azur est embrumé,
C'est que Dieu est déprimé.
Quand l'air est irrespirable,
Là il plaide non coupable.

Lorsque tremble notre terre
C'est que Dieu est en colère
Mais ce qui le fait marrer
Ce sont les raz-de-marée.
Dieu, en prêchant l'athéisme,
Donne naissance aux séismes
Puis fait choir tous les dimanches
Du magma en avalanches.

Si Dieu ronfle ou s'il soupire,
Ô Seigneur, craignons le pire,
Un cyclone ou des tornades,
Un paysage malade
Tombant de son piédestal,
Pour retrouver au final
Nos régions façon Pollock
Et Dieu en star de hard rock.

SHAD ©

"Ecce Deus !" = "Voici le Dieu !" (VIRGILE, Énéide, liv. VI, v. 46)

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10 septembre 2008

Le Refuge - Partie II : Stupres

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Ici c'est nu
Qu'on prostitue,
Ici le vice
Est un délice,
Ici on viole,
On cabriole.

Du porno choc,
Électrochoc,
Sans aucun chic,
Oligarchique,
Ici on rixe,
Ici on s'X.

On s'escalade,
Ici on Sade,
Pour un séjour
De cent vingt jours,
On fait la queue,
On fait pas mieux.

On s'intérieur
A cent à l'heure,
On se dégoutte,
On ne redoute
Que la violence
De l'innocence.

Là on mélange
Et on s'échange,
Par bouche-à-bouche
On se rebouche,
On s'permet tout
Sur nos atouts.

Ici s'exhibent
Des bouts, des bribes,
Locomotives
Pour qui salive,
Pour qui transpire
Tout un empire.

Griffés, lestés,
Sous MST,
Pour ceux qui aiment
Tendance SM,
Attentat, peur,
A la pudeur.

Péché luxure
Pour que ça dure,
Chacun des saints
Les plus malsains
N'a qu'à l'esprit
Ce vieux logis.

SHAD ©

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Le Refuge - Partie I : Hermétisme

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Au numéro 9 d'une rue de Kensington
S'élève un vétuste bâtiment, une épave,
Dont l'affreuse façade à coup sûr nous étonne
Tant elle a l'air broyée par le temps, comme esclave.

Sur le trottoir fatigué de porter ces ruines,
Devant la porte en bois surmontant le perron
Des rejetons font des clins d'oeil à des gamines,
Des enfants jouent, crient et chantent "et ron et ron..."

Les promeneurs flânent aussi dans cette rue,
Les amoureux transis flirtent main dans la main,
Les malheurs de chacun semble avoir disparus.
Le bonheur malgré tout, malgré l'ombreux chemin.

Pourtant, au-delà de la porte cachottière,
Les comptines fredonnées n'ont rien d'enfantines.
"En entrant, merci d'ôter son coeur au vestiaire".
"Ici faut être majeur". "Ici on butine".

(à suivre...)

SHAD ©

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08 septembre 2008

L'Epris Pantin Pantois

pantin

J'ai besoin de légèreté
Pour tout oublier
Pour te supplier
Pour tout décrier
Moi j'ai besoin d'humanité

Je veux tout désapprendre aussi
Puisque le temps passe
Que chacun trépasse
Que les os se cassent
Je vais tout apprendre d'ici

Je ne suis encore qu'un arbre
Un épouvantail
Pantin en bataille
Submergé de failles
En acier trempé, chêne et marbre

Je veux vivre en dehors de moi
Car rien n'est fini
Car tout est ma vie
Car je fuis l'ennui
D'avoir un coeur tout fait de bois

Je veux subir ce phénomène
Déchirer l'écorce
Retrouver des forces
La chair qui renforce
Je veux ma condition humaine

J'irai cisailler mes ficelles
Découvrir les mots
Ressentir le chaud
Partir de zéro
Mes ruines pour un violoncelle

Je voudrai fuir tout mon désastre
Sans que rien n'offense
La pure innocence
De mon indécence
Et viendrai brûler sous ton astre

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01 septembre 2008

Tridimensionnelles

tridim

L'amour conventionnel
Sous son angle charnel
Suscite ton désarroi.
Sans cesse tu martèles
Ta devise actuelle,
Tes "jamais deux sans trois".

Les délits de ta langue,
Qui se délie exsangue,
Liquéfient quelques cierges
Dont la cire en nous tangue
Aux rythmes des big bang
De ton corps presque vierge.

Assis sur un trident,
Fais le recensement
De ceux qui partagèrent
Pour la nuit, pour dix ans,
Avec toi leur amant
Et mieux qu'un, deux revers.

Traditions sexuelles
(L'amour comme un duel) :
Sont ton cheval de Troie.
Sur ton corps s'amoncellent
Les traces éternels
De tes amours à trois.

SHAD ©

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