19 juillet 2008
Les Ecoulements de Seine

Sous un temps beau ou pluvieux,
Sous un ciel d'intempéries,
Quand il faut, j'ai dans les yeux
Les merveilles de Paris.
La Place de la Nation
Est comme un grand tourbillon
Quand celle de la Bastille
A son empyrée qui brille.
Place de la Madeleine,
Colonnes en porcelaine,
La splendeur de vos fantômes
Charme la Place Vendôme,
Embellit bien des quartiers,
Jusqu'à l'Opéra Garnier.
Le vent, pour son défilé,
Descend les Champs Elysées.
Le soleil se camouflant
Derrière un arc triomphant
Fait brûler sur l'Avenue,
La flamme d'un inconnu.
Il berce le sable aussi
Du Jardin des Tuileries
Jusqu'au pied de l'Obélisque.
Une étoile comme un disque...
La bruine chute au hasard
Sur des rails rue Saint-Lazare,
Engloutit le macadam
Du grand Boulevard Haussmann,
Changeant chaque rue étroite
En fée de la Rive Droite.
Devant le Palais Royal,
Il est un homme glacial
Qu'on croirait du Père-Lachaise
Mais qui crée la loi française.
Sur l'Ile de la Cité,
Des gargouilles excitées
Hurlent à en perdre l'ouïe,
Ravivent l'Ile Saint-Louis,
Dévoilant toute la gamme
Des cloches de Notre-Dame.
Le jardin du Luxembourg
Est plus grand que bien des tours,
Mais quand je vois Montparnasse,
Comme l'or mon cœur l'embrasse.
Station Châtelet - Les Halles,
Où la foule nous brimbale,
Direction Musée du Louvre
Que le mystère recouvre.
Palais du Trocadéro,
Tu souris pour les photos,
Tes fontaines nous enlacent,
Arrosent le Champ de Mars
Et font naître un arc-en-ciel
Couronnant la Tour Eiffel.
De Bercy jusqu'à Montmartre,
Les charmes viennent s'abattre
Et font courir dans nos veines
Des écoulements de Seine.
SHAD ©
15 juillet 2008
Poétiquement Correct

La vie est en prose ;
Des femmes et des enfants
Comme des âmes en pause,
Sont de purs écrins
Dans lesquels palpitent
De futurs alexandrins
Qui se changent en vers.
Les lignes, bien vite,
En strophes moins amères
Se trouvent rectifiées
Pareilles à des romans
A jamais versifiés.
SHAD ©
10 juillet 2008
Destro-géniture - Partie II : polyratures
Des robots qui pleurent,
Des marteaux-piqueurs,
Des lambeaux de plexiglas
Et des os qui se cassent…
Cette exhalaison sanguine circule
Au milieu de bâtiments qui brûlent ;
C’est l’heure des temps futurs,
Des scissions, de nos destro-génitures.
Apoplexie d’une génération,
Le glas que sonne la création
D’une époque grotesque et folle,
Futur noir-diesel qui se dépétrole.
Gris ciel et bleu sulfate,
Coup de foudre anhydre entre des automates.
Futur antérieur qui s’infériorise,
Des cadavres vivant derrière des pare-brises...
Des rues emplies de troupeaux,
Des bras levés devant des drapeaux,
Le futur a des tons néo-nasillards,
A des accents destro-vieillards.
Laissez brûler les sans-papiers,
Les courants d’air et les pompiers.
Aujourd’hui est un humain
Qui sera bibelot demain.
Le soleil suicidaire a ses doigts brûlants
Posés sur l’interrupteur de son rayonnement.
Il crie « Noyez-moi ou je disjoncte »
Puis vire au rouge de notre honte…
SHAD ©

