29 mai 2011
Reichsführer

Il faut qu'il meurt Himmler,
Il faut qu'il meurt.
Il faut Himmler,
Qu'il meurt,
Il faut qu'il meurt.
Brûlez le lot d'affiches
Du Reichsführer Heinrich.
Et tuez-le,
Himmler.
Il faut qu'il meurt.
Pendez-le haut et court,
Pendez-le dans la cour,
Mais pendez-le,
Himmler,
Il faut qu'il meurt.
Mais il est mort Himmler,
Bien avant l'heure,
Et le suicide,
Heinrich,
C'est de la triche.
Rescucitez Himmler,
Le Reichsführer,
Décapitez,
Himmler,
Il faut qu'il meurt.
SHAD ©
20 avril 2011
Un Long Fleuve Noir
Partie 1
Ma vie est un long fleuve noir,
Sur lequel les rares navires,
Opalescents et plein d'espoir,
A la première onde chavirent.
Leur vie est un long fleuve noir,
Leurs cris de noyés s'assoupissent,
De l'autre côté du mouroir,
Comme dans un grand précipice.
La vie est un long fleuve noir,
Ses pluies de rouge et ses sangs bleus,
On les retrouve en chaque histoire,
Le long des cours d'eaux anguleux.
Le sexe et l'amour ne suffisent,
La drogue et l'art sont illusoires,
Quand la mort s'infiltre à sa guise,
Tu es sur ton long fleuve noir.
SHAD ©
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Partie 2
J'ai gravé ton nom sur ma tombe,
J'ai pleuré le corps que tu bombes,
J'ai plié mais tu te casses.
J'ai ressassé nos soirs d'hiver,
J'ai enlacé ton pull-over,
J'ai vrillé sous la menace.
J'ai cherché tes traits sur ma gueule,
J'ai tapé ton nom sur Google,
J'ai prié que tout se tasse.
J'ai trainé mon corps dans la plaine,
J'ai rongé mes doigts jusqu'aux veines,
J'ai crié, crevé ma race.
SHAD ©
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Partie 3
Tu me manques et tu t'en fous.
Loin de moi tu oublies tout.
Tu me manques et tu t'en fous.
J'ai ton sceau au creux du cou.
Tu me manques et tu t'en fous.
Toi béton, moi sable doux.
Tu me manques et tu t'en fous.
Ton image est tout partout.
Tu me manques et tu t'en fous.
Dans mes nuits de loup-garou.
Tu me manques et tu t'en fous.
Rendez-moi nos rendez-vous.
Tu me manques et tu t'en fous.
Tout est cendre autour de nous.
Tu me manques et tu t'en fous.
Comme un flirt au fond du trou.
Tu me manques et tu t'en fous.
Me laissant devenir fou.
SHAD ©
(inspiration : Un Long Fleuve Noir, C.B.D.)
23 novembre 2010
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15 septembre 2010
La Fin des Choses

Enfin voici la fin du cortège de pages,
Des mots dans des quatrains, des écarts de langage.
Enfin voici la fin de mon confessionnal,
Parant le parchemin d'un précieux point final.
Enfin voici la fin de nos vies qu'on trimballe,
De bocal en couffin, de cercueil en dédales.
Enfin voici la fin de la valse cardiaque,
Dont l'inquiétant refrain rend les morts insomniaques.
Enfin voici la fin de nos amours cruelles,
Des fleurs et des parfums qui fardaient les ruelles.
Enfin voici la fin des conflits vanillés,
Qui, pareils aux chagrins, ne peuvent s'oublier.
Enfin voici la fin de nos belles jeunesses,
De nos jours enfantins surgonflés de promesses.
Enfin voici la fin et dans nos yeux adultes :
Le début du chemin d'où l'on se catapulte.
Enfin voici la fin où les astres s'éclipsent,
Du ciel et ses confins, un jour d'apocalypse.
Enfin voici la fin, où tout vole en étoiles,
Où tout brûle soudain dans l'univers qu'on voile.
Enfin voici la fin des sabliers mouvants,
Des luttes de demain face aux moulins d'avant.
Enfin voici la fin des instants effacés,
Qui fondent, montre en main, et fondent le passé.
Enfin voici la fin du feu et des bougies,
Des efforts surhumains, de feu la nostalgie.
Enfin voici la fin des ronces et des roses,
Qui présage la Fin. Enfin la fin des choses.
SHAD ©
10 septembre 2010
La Perle du Danube

Avez-vous vu la vue depuis le Mont Gellért ?
Le Bastion des Pêcheurs, les statues à peau verte,
Le Palais Royal, le pont de la Liberté,
Celui des chaînes aussi et ceux d'à côté ?
Circulez, circulez, en Trabant soviétique,
Dans la rue Király, le forint prévarique.
Place Vörösmarty : odeur de paprika,
Celle des Héros : Goulache et pálinka.
Sur les bords du Danube et près du Parlement,
Sur l'île Marguerite ou dans les bains fumants,
Avez-vous trinqué en l'honneur de la Hongrie ?
Et si oui, était-ce un verre de Tokaji ?
Sur la citadelle que le vent vient lécher,
Imaginez la couronne à croix d'or penchée,
Qu'on aurait fait danser dans le ciel magyar,
Puis déposer ici ou au Palais des Arts.
SHAD ©
11 août 2010
Pommes de Peintres

Dès lors que je tâte tes fresques,
Aux traits abstraits et d'arabesque,
J'avale égouts et les couleuvres,
Si tu n'opines du chef d'œuvre.
Ton lit ne peut plus m'encadrer,
Ni ton portrait trop regardé,
Qui ne peut plus voir en peinture,
Ni mes pinceaux ni ma posture.
Mon sang se dilue mais qu'importe,
Je traîne ma nature morte,
J'attends d'orner ton chevalet,
Et m'en peindrai au pistolet.
Tons pastel sur ton piédestal,
Où je dépoussière des toiles,
Que tu fais briller en plein jour,
Autant qu'une ombre à contre-jour.
Mes nénuphars trop effarés,
Se sont fait l'esthète au carré,
Loin des vastes maîtres cubistes,
Et des artères des artistes.
J'abats toujours ce qui m'obsède,
C'est mon dada, mon ready made,
Et je noierai tes réussites,
Dans un seau de white-spirit.
SHAD ©
04 août 2010
Elle a Neigé

Elle a neigé en plein désert,
Sur le Japon comme un geyser,
Sur le Vietnam et Budapest,
La Géorgie et tout le reste.
Elle a neigé en Centrafrique,
Constantinople et Mozambique,
Elle a neigé et c'est tout blanc,
Sur la Bosnie et le Liban.
Elle a neigé en Indochine,
Neige éternelle en Palestine,
Iceberg à tous les étages,
Au Rwanda et à Carthage.
Elle a neigé sur tous les toits,
Chevauché les chevaux de Troie,
Elle a neigé sur les Balkans,
Et les plumes des Mohicans.
Elle a neigé en plein Paris,
Au Kosovo des avaries,
Pluie de flocons sous le cagnard,
De Kaboul et Madagascar.
Elle a neigé à Babylone,
En Irlande et Sierra Leone.
Elle a neigé et neige encore,
Sur les gradés et sur les morts.
SHAD ©
27 juillet 2010
Le Dépravé

Un sombre soir d'espoir,
Je sombrai dans le noir,
Puis rêvai d'un amant,
Clamsé depuis longtemps.
Des souvenirs grivois,
Revinrent jusqu'à moi,
Et mettaient donc en scène,
Propos et jeux obscènes.
Ma frustration totale,
De vivre sans ce mâle,
S'interrompit soudain,
Sur un projet malsain.
J'allais chercher un lieu,
Fétide et religieux,
Pour pouvoir retrouver,
Mon amoureux crevé.
Je toquai à la porte,
D'une église mi-morte,
Puis frappai le curé,
Pour qu'il me laisse entrer.
Avant que je ne prie,
Et pour charmer l'esprit,
Je dus me dévêtir,
Avant de m'accroupir.
J'implorai tous les dieux,
Surtout les plus vicieux :
"Passez-moi donc mon ex,
Pour lui parler de sexe !"
La suite de l'histoire,
Est toujours plus bizarre,
Car au lieu de mon homme,
Je croisai Soeur Yvonne.
Elle est bien plus en vie,
Et aime les orgies,
Elle épia mon corps nu,
Puis cocufia Jésus.
SHAD ©
(illustration : C.B.D.)
17 juillet 2010
Dans la Marge
Et si l'on arpentait les rues,
Avec le dédain des bourgeois,
Ou si l'on se promenait nus,
Avec de grands chapeaux chinois ?
Et si nous croisions les regards,
Des grands-parents et des bouts d'choux,
Qui materaient d'un air hagard,
Nos ensembles en caoutchouc ?
Et si l'on jactait comme on pense,
Serions-nous tous déjà pendus ?
Ou aurions-nous des récompenses,
D'avoir montré nos corps dodus ?
Et si nous jetions en pâture,
Nos looks de punks ou de gothiques ?
Nous partirions à l'aventure,
Avec nos bottes en plastique.
Et si l'on sillonnait la ville,
Dans un carrosse de princesse,
En crachant sur les imbéciles,
Ou en leur exhibant nos fesses ?
Et si l'on se foutait de tout,
Et des curieux, et des condés ?
Si l'on voyait le bien partout,
Pourrait-on les dévergonder ?
SHAD ©
30 juin 2010
La Claire Obscure
La Claire Obscure
A de l'allure,
Mais n'est heureuse
Que malheureuse.
Habits de folle,
Couleur pétrole,
Au moins plus sombre
Que sa propre ombre.
La Claire Obscure
Jamais ne jure,
Mais pire encore
Hurle à la mort.
Elle dit "Je meurs"
Toutes les heures,
"Je broie du noir"
Midi et soir.
La Claire Obscure
A l'air plus dur
Qu'un minéral
De pierre tombale.
Elle crie sans rire
"Vive le pire,
Gloire au charbon
Et au goudron".
La Claire Obscure
Dit n'avoir cure
De ce qu'on pense
De ses démences.
Bien qu'il soit clair
Qu'obscure est Claire,
Elle émerveille
Comme un soleil.
SHAD ©
(illustration : Kagébé )
19 mai 2010
Les Périssables

On doute de la vie,
Sous les gouttes de pluie,
Partout où il a plu,
Hier n'existe plus.
On rêve d'un sommeil,
Sous l'éclat du soleil,
Puis d'abolir le temps,
Ne plus se dire "Attends !"
Donnons-nous si on l'ose,
Des jours en overdose,
Des suspensions gratuites,
Et avisons ensuite.
Échangeons nos avis,
A propos de nos vies,
De nos corps fissurés,
Au propre, au figuré.
On doute de la vie,
On se shoote ou s'ennuie,
On est d'emblée foutus,
Puisqu'en fait, vivre tue.
SHAD ©
04 mai 2010
C'est Différent

Ces champs de blé où l'on courrait,
Les scarabées et les forêts,
La peur du vent et du tonnerre,
Puis des parents à bouts de nerfs.
Je nous revois mais à présent,
Tout ça sans toi c'est différent.
C'est différent.
Demain la vie et sa bonté,
Toujours l'envie et la beauté,
Sous le soleil de notre enfance,
La vie pareille à des vacances.
Sans toi depuis, c'est moins marrant,
Car aujourd'hui c'est différent.
C'est différent.
Des vêtements couverts de terre,
Que nos parents cueillaient parterre,
Aucun problème de factures,
De théorèmes ou d'ossatures.
C'était avant que l'on soit grand,
Mais maintenant c'est différent.
C'est différent.
Te souviens-tu quand on sortait,
Que les statues nous accostaient ?
On était beau, au goût de miel,
Et sur mon dos poussaient des ailes.
Ces temps de liesse ont eu leur temps.
Sans toi, jeunesse, que je rends,
C'est différent.
SHAD ©
24 avril 2010
Le Valet de Cœur
Ecoute mon cœur,
Mon cœur,
Quand il fait Boum.
C'est le bruit de mon amour,
Mon amour,
Quand je suis ton groom.
Ecoute mon cœur,
Mon cœur,
Quand il fait Snif.
C'est le bruit de mon chagrin,
Mon écrin,
Quand ta peau me griffe.
Ecoute mon cœur,
Mon cœur,
Quand il fait Aïe.
C'est le bruit de ma détresse,
Ma traitresse,
Quand tu me mitrailles.
Ecoute mon cœur,
Mon cœur,
Quand il fait Crac.
C'est le prix de ton butin,
Ma putain,
Quand mon cœur attaque.
Ecoute mon cœur,
Mon cœur,
Quand il s'arrête.
C'est le bruit de son silence,
Toi potence,
Après sa retraite.
SHAD ©
14 avril 2010
Haro sur ta Froideur
Si les fleurs aussi
Avaient ta laideur,
Si le ciel aussi
Avait ta fadeur,
Mon âme aurait forci
Dans son corps fossoyeur,
Je te verrai ici,
Et m'enverrai ailleurs.
Si la terre aussi
Avait tes rondeurs,
Si la vie aussi
Avait ta raideur,
Mon âme aurait rassis,
Enivré de frayeur,
Je m'enfouirai ici,
J'en crèverai d'ailleurs.
Si l'amour aussi
Avait ta hideur,
Si la mort aussi
Avait ton odeur,
Mon âme aurait noirci,
Pleurant les jours meilleurs,
Devrais-je vivre ici,
Ou bien rêver d’ailleurs ?
SHAD ©
05 avril 2010
Ma Boîte à Complexes
Dans ma boîte à complexes,
Le spleen est un réflexe.
Malfaçons par milliards,
Brouillard.
Dans ma boîte à complexes,
Être heureux rend perplexe,
Mieux vaut vivre en burqa,
Tracas.
Dans ma boîte à complexes,
Mon caisson en latex,
La nature est mauvaise,
Malaise.
Dans ma boîte à complexes,
Des voix en multiplex,
Et sous ma chair-vestige,
Vertiges.
Dans ma boîte à complexes,
On efface au Tipp-Ex,
Les couleurs d'ecchymose,
Névrose.
Dans ma boîte à complexes,
C'est "dura lex sed lex",
C'est vieillir au tournant,
Tourments.
Dans ma boîte à complexes,
Où rien ne va mais vexe,
On voit couci-couça,
Tout ça.
SHAD ©
30 mars 2010
Les Concessions

Pour toi, mon amour, j'ai changé,
J'ai troqué mes tocs en tics,
J'ai risqué l'électrochoc,
J'ai moqué toutes critiques,
J'ai plastiqué ma bicoque.
Pour toi, mon amour, mon danger,
J'ai escroqué mon éthique,
J'ai trafiqué tous mes frocs,
J'ai révoqué bien du fric,
J'ai éradiqué à bloc.
Pour toi, mon amour, étranger,
J'ai choqué la République,
J'ai kické les trop sinoques,
J'ai croqué tes thématiques,
J'ai fliqué mes tons loufoques.
Pour toi, mon amour, j'ai mangé,
J'ai bloqué l'art poétique,
J'ai niqué ma propre époque,
J'ai stocké mes stylos Bic,
J'ai trinqué comme on suffoque.
Dis-moi, mon amour, où m'as-tu rangé ?
SHAD ©
01 mars 2010
Il Pleut Sous Mon Toit
Il pleut sous mon toit,
Il y pleut à verse.
Ici où se côtoient,
Mon bonheur et l'inverse.
Il pleut sous mon toit,
Et ça te dégoutte.
En souvenir de toi,
Il pleut à grosses gouttes.
Il pleut sous mon toit,
D'un chagrin qui mouille.
Mais quand tu t'apitoies,
C'est ma pluie qui nous rouille.
Il pleut sous mon toit,
Dehors, le soleil.
Il pleut sous mon toit,
Par-dessus les bouteilles.
Il pleut sous mon toit,
Dans ma boîte ancienne.
Presque tout se nettoie,
Sous la pluie diluvienne.
Il pleut sous mon toit,
Il y pleut des cordes.
Puisque ce n'est plus toi,
A mon cou pend la corde.
SHAD ©
23 février 2010
Le Rossignol
Il était en bordure d'un maigre ruisseau,
Une modeste cabane usée par le temps,
Dont la charpente rongée par les vermisseaux,
Semblait vouloir s'effondrer sur ses habitants.
Y vivait un couple qui s'aimait ardemment,
Au point d'en oublier leurs nombreuses détresses.
Ils étaient l'un pour l'autre un merveilleux diamant,
Et s'enivraient d'amour jusqu'à totale ivresse.
Dans un coin de leur chambre, à deux mètres du sol,
Gisait un nid pas moins imposant qu'un perdreau,
Dans lequel s'abritait un joli rossignol,
Logé là depuis l'arrivée des tourtereaux.
L'oiseau sémillant chantait de l'aurore au soir,
En été, en hiver, en novembre, en avril,...
Narrant la ferveur de ce couple et son histoire,
A travers les bois, les montagnes et les villes.
Mais ces amoureux avaient un sérieux défaut :
Leurs conflits et leurs querelles étaient légions.
Pas un mois sans qu'ils ne se quittent à nouveau,
Et après cent départs, cent réconciliations.
Lorsqu'ils étaient en froid, l'oiseau ne bronchait plus,
Il regagnait son nid et restait silencieux.
Mais dès que le ménage ne vacillait plus,
Le rossignol recouvrait son chant mélodieux.
Ce conte n'est qu'une infinie répétition :
Le couple et l'abri, le volatile et le nid,...
Et même si les amants brillaient de passion,
Ils vécurent plus longtemps séparés qu'unis.
Au cours d'une horrible nuit, un drame survint :
Dans leur chambre, un incendie vint tout embraser,
Si bien qu'à l'aube on trouva leurs deux corps défunts,
Enlacés l'un et l'autre mais carbonisés.
Le rossignol qui était reparti chanter,
Échappa miraculeusement au désastre,
Et bien que nos amants aient fini d'exister,
Il poursuivit son chant pour le bonheur des astres.
L'oiseau n'est plus. Mais son refrain résonne encore,
A travers les bois, les montagnes et les villes,
Car les vraies amours sont plus fortes que la mort,
Et la vie sur Terre n'est qu'une brève idylle.
SHAD ©
18 février 2010
Le Naturel
Après les Hommes,
Tout a rallié son équilibre.
Les aquariums,
Et les poissons ont quartier libre.
Les chewing-gums,
Ont décampé du macadam.
Sur les podiums,
Ne se jouent plus de mélodrame.
Après la Vie,
Tout est redevenu normal,
En plein Paris,
On ne voit plus de "L'Oréal".
Dans les mairies,
On peut déjà y percevoir,
Des bactéries,
Qui se disputent le Pouvoir.
Après les villes,
Le temps poursuit son engrenage.
En l'an 2000,
C'était toujours le Moyen Âge.
Les bidonvilles,
Ont carrément un meilleur look,
Que nos profils,
Que nos profils de Facebook.
Après les gens,
On ne reçoit plus leur musique,
C'est affligeant,
De crever comme des moustiques,
Pour de l'argent,
Le monde n'est plus qu'un crobard,
Ici mon grand,
Tu peux remballer tes dollars.
Après les morts,
Les gratte-ciel sont des volières,
Des châteaux forts,
Des disques d'or ou des Molière,
Pour les condors,
Après le jour, on nous rétorque,
Que dès qu'on dort,
Il fait bien nuit sur tout New-York.
Après les routes,
Après les bastons de banlieues,
Les babyfoots,
Qu'on pourrait fixer au milieu,
Des autoroutes,
Qui ne sont plus que des déserts,
Que les mammouths,
Saignent comme des bulldozers.
Après l'ozone,
Des U.V. plein les hôpitaux,
Dans les cyclones,
On ne boit plus de Mojito,
C'est trop la zone,
Il n'y a plus de Propofol,
De silicone,
De CO₂ ni de pétrole.
Après le ciel,
Grisé de vastes fumerolles,
Sous le soleil,
Sur les gazons, les herbes folles,
Pas de sommeil,
Ni stupéfiants qui nous soulagent,
Du noir pareil,
Aux pinceaux de Pierre Soulages.
Après les guerres,
Après qu'il n'y ait plus personne,
Sur notre Terre,
Pour écouter Michael Jackson,
Pas suicidaire,
On survie en sauvant son Mac,
On fout par terre,
Les croquettes et les Big Mac.
Après le reste,
Après les journaux à scandales,
Les mauvais gestes,
Les chaussettes dans les sandales,
Sur l'Everest,
Retombe de la poudre blanche,
Et d'Est en Ouest,
Le naturel prend sa revanche.
SHAD ©
13 février 2010
La Nuit en Ballon

Passons la nuit dans ce ballon
Qui n'a de puits qu'à son talon.
Le plafond flambe en plein hiver
Où l'on s'assemble en montgolfière.
Suis le tempo ad libitum,
Sous cette peau gonflée d'hélium,
Joue du violon, c'est agréable,
Dans ce ballon imperméable.
En fin de trip, fin du voyage,
Quand tout s'extirpe en des nuages,
Nous les épions, encore en vie,
Dans ce ballon limpide empli.
SHAD ©










